Financement

Capital-risque en Tunisie : qui investit dans les startups

Qui finance les startups tunisiennes en 2026 ? Tour d'horizon des fonds d'amorçage locaux, des fonds régionaux et des investisseurs corporate.

Capital-risque en Tunisie : qui investit dans les startups

À retenir

  • La Tunisie comptait une dizaine de fonds de capital-risque actifs en 2024, pour la plupart soutenus par le fonds de fonds ANAVA.
  • 216 Capital, Go Big Partners, Medin, Flat6Labs et UGFS sont les principaux gérants locaux, avec des tickets d'environ 50 000 à 650 000 euros.
  • Les fonds régionaux (Silicon Badia, Janngo, LoftyInc, Rasmal) et des corporate comme Attijariwafa Ventures rejoignent les tours plus importants.
  • Les fondateurs de fintech doivent cibler les investisseurs selon leur stade et s'attendre à des questions sur l'agrément et la structure juridique.
10
fonds de capital-risque actifs en Tunisie
Startup Genome 2025 via La Presse
€100k
ticket moyen de 216 Capital Fund I
Wamda, 2022
€300–650k
tickets d'amorçage visés par Titan Seed Fund I
Wamda, 2023

Le capital-risque tunisien est un petit marché. Une poignée de fonds d'amorçage locaux, pour la plupart soutenus par le fonds de fonds ANAVA, réalisent l'essentiel des opérations, et des investisseurs régionaux, européens et corporate rejoignent les tours plus importants. Ce guide présente qui investit dans les startups tunisiennes en 2026, les tailles de ticket habituelles et ce que ces investisseurs ont financé.

Le capital-risque en Tunisie en bref

Selon le rapport Startup Genome 2025, cité par La Presse, la Tunisie comptait dix fonds de capital-risque actifs. Les startups ont levé un peu plus de 24 millions de dollars en 11 opérations en 2024. Les données de l'AVCA font état de 39 millions de dollars en 17 opérations en 2025, ce qui place la Tunisie au 7e rang africain. Le début de 2026 a été beaucoup plus faible (voir les tendances du financement).

La plupart des fonds locaux puisent leurs capitaux dans ANAVA, le fonds de fonds de 60 millions d'euros (premier closing) géré par Smart Capital et financé par la CDC, via un prêt de la Banque mondiale, et par KfW (voir ANAVA expliqué). Quand on présente son projet à un fonds d'amorçage tunisien, on s'adresse donc souvent à un gérant qui rend aussi des comptes à ANAVA.

Les fonds locaux d'amorçage et de démarrage

216 Capital Ventures

Sans doute l'investisseur local le plus actif en 2025-2026. 216 Capital Fund I a réalisé un premier closing de 9 millions d'euros, dont jusqu'à 6 millions apportés par ANAVA. C'est un fonds généraliste qui vise une cinquantaine de startups en pré-amorçage et amorçage, avec des tickets moyens d'environ 100 000 euros, y compris des startups étrangères dont plus de la moitié de l'effectif est en Tunisie. Parmi les opérations rapportées par Wamda : Juridoc.tn (avec Go Big Partners), Addvocate.AI, l'assurtech EYST et l'agritech RoboCare. En septembre 2025, il a lancé avec Plug and Play un accélérateur qui offre 50 000 euros à chacune de 20 startups au maximum.

Go Big Partners

Gère le Go Live Fund : 8 millions d'euros, premier closing de 6 millions, dont 4,5 millions d'ANAVA. Il vise 36 startups B2B en phase de démarrage dans des secteurs comme l'agritech, les cleantech, la biotech, la healthtech et la cybersécurité.

Medin Fund Management

Agréé par le CMF en novembre 2022. Gère le Titan Seed Fund I (environ 10 millions), qui s'est présenté comme le premier fonds d'amorçage d'Afrique du Nord dédié à la deeptech. Il prévoit d'accompagner une vingtaine de startups avec des tickets de 300 000 à 650 000 euros, pour les préparer à une série A. Titan fait partie des investisseurs de Thunder Code, la nouvelle entreprise des fondateurs d'Expensya.

Flat6Labs Tunis

Présent en Tunisie depuis 2017, avec le soutien de BIAT, Meninx Holding et TAEF. Son programme offre jusqu'à 200 000 dinars, avec un financement complémentaire possible de 200 000 à 800 000 dinars. L'ancien Anava Seed Fund (30 millions de dinars, soutenu notamment par l'IFC et BIAT) prévoyait d'accompagner jusqu'à 90 startups, et le Tunisia Seed Fund II a été lancé avec Smart Capital en 2024. La fintech fait partie de ses secteurs cibles.

UGFS North Africa

Gérant tunisien établi de longue date. Sa branche de capital-risque, UGFS-VC, a lancé le New Era Fund I : objectif de 15 millions d'euros, premier closing de 7 millions, dont 3,5 millions d'ANAVA, orienté vers des entreprises en série A dans l'IA, la biotech et les technologies vertes. UGFS a mené le pré-amorçage de la fintech/assurtech PAYDAY en octobre 2025.

AfricInvest

Surtout un acteur panafricain du capital-investissement, mais il a mené la série A de 8,5 millions de dollars d'InstaDeep en 2019. C'est l'exemple le plus connu d'un grand investisseur local soutenant une jeune entreprise tech tunisienne.

Les fonds régionaux et panafricains

  • Silicon Badia : Expensya a été le premier investissement de son fonds BIF2 (série B de 2021, avec MAIF Avenir), puis Thunder Code. ANAVA a engagé 5,2 millions de dollars dans BIF2.
  • Janngo Capital : a mené le tour pré-série A de Dabchy en 2025 et investi dans Thunder Code. ANAVA a engagé 4 millions d'euros dans son Startup Fund, qui couvre l'Afrique francophone.
  • LoftyInc Capital : fonds nigérian tourné vers la fintech (investisseur précoce de Flutterwave), soutenu par ANAVA à hauteur de 2,5 millions de dollars en 2025.
  • Rasmal Ventures : fonds d'amorçage basé au Qatar, ciblant la fintech, le SaaS B2B et la healthtech, qui a reçu 4 millions de dollars d'ANAVA en septembre 2025.

Les investisseurs corporate et stratégiques

Pour les fintech en particulier, les investisseurs stratégiques peuvent compter autant que les fonds. Le tour de Konnect Networks de mai 2025 incluait Attijariwafa Ventures, la branche de capital-risque du groupe bancaire marocain, et Konnect avait auparavant intégré l'Africa Fintech Accelerator de Visa, animé avec Plug and Play. Des fonds européens comme Plus VC (qui a mené l'amorçage de 3,5 millions de dollars de Kumulus Water en 2025), ISAI et Seventure (premiers soutiens d'Expensya) montrent que les investisseurs français financent des entreprises fondées par des Tunisiens, souvent via une holding française.

Comment approcher les fonds tunisiens

  • Adaptez le stade et le ticket. Pré-amorçage : accélérateurs et 216 Capital. Amorçage (300 000 à 650 000 euros) : Titan, Go Live, suivi Flat6Labs. Série A : New Era, fonds régionaux, co-investisseurs européens.
  • Vérifiez où ils peuvent investir. Les fonds panafricains ne placent parfois qu'une partie de leur capital en Tunisie. Demandez tôt s'ils peuvent encore investir en Tunisie.
  • Montrez votre parcours réglementaire. Pour le paiement, le crédit ou la monnaie électronique, les investisseurs poseront des questions sur l'agrément (voir l'agrément des établissements de paiement).
  • Anticipez la structure. Beaucoup de fondateurs aux ambitions internationales créent une holding en France ou au Royaume-Uni, comme Expensya et InstaDeep, pour faciliter l'investissement étranger. Parlez-en tôt à des avocats (voir notre guide de la levée de fonds).

Pourquoi c'est important

La Tunisie compte plus de gérants de capital-risque actifs que jamais, mais les montants restent faibles et 2026 a été lente. Les fondateurs qui savent quels fonds correspondent à leur stade, à leur secteur et à leur structure gagneront des mois de démarchage.

Entreprises citées

Questions fréquentes

Quels fonds de capital-risque investissent dans les startups tunisiennes ?

Les principaux gérants locaux sont 216 Capital Ventures, Go Big Partners, Medin (Titan Seed Fund), Flat6Labs Tunis et UGFS North Africa. Parmi les investisseurs régionaux figurent Silicon Badia, Janngo Capital, LoftyInc et Rasmal Ventures, plusieurs étant soutenus par le fonds de fonds ANAVA.

Combien une startup tunisienne peut-elle lever en amorçage ?

Les tickets annoncés par les fonds locaux vont d'environ 50 000 euros (accélérateur 216 Capital-Plug and Play) et 100 000 euros (moyenne de 216 Capital Fund I) jusqu'à 300 000 à 650 000 euros (Titan Seed Fund I). Les tours plus importants exigent généralement des co-investisseurs étrangers.

Faut-il une holding à l'étranger pour lever des fonds ?

Ce n'est pas une obligation légale, mais beaucoup de fondateurs aux ambitions internationales en créent une, comme Expensya (France) et InstaDeep (Royaume-Uni), pour faciliter l'investissement étranger et la sortie. Mieux vaut se faire conseiller sur les plans juridique et fiscal avant toute restructuration.

Sources

  1. 216 Capital Ventures raises $9.6 million in first close of its fund — Wamda
  2. ANAVA invests $5 million in Titan Seed Fund I to support Tunisian startups — Wamda
  3. Flat6Labs launches Tunisia Seed Fund II to back Tunisian startups — Launch Base Africa
  4. Smart Capital – UGFS NA : le fonds de fonds ANAVA investit 3,5 millions € dans New Era Fund I — Webmanagercenter
  5. Go Live Fund va investir 8 millions d'euros dans 36 startups tunisiennes — Kapitalis
  6. Tunisia country news — Wamda

Cet article est fourni à titre d'information et ne constitue pas un conseil juridique, financier ou en investissement. Les chiffres sont datés et sourcés ; vérifiez les dernières publications officielles avant toute décision.

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